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Au-delà des promesses initiales : un lancement plus compliqué que prévu pour les RDNA 3 d’AMD
Elles devaient permettre à AMD de faire un pied de nez au concurrent de toujours, NVIDIA. Elles, ce sont les cartes graphiques Radeon RX 7000 et le « pied de nez » n’est peut-être pas pour tout de suite.
Après une génération Ampere / RDNA 2 compliquée pour AMD comme pour NVIDIA, de nombreux joueurs espéraient pouvoir enfin retrouver un marché de la carte graphique apaisé, avec des disponibilités plus immédiates et des tarifs un peu moins délirants. En octobre dernier, NVIDIA a tiré le premier en présentant et commercialisant son modèle ultra haut de gamme, la GeForce RTX 4090. Hélas, le tarif est au niveau des performances stratosphériques de la bête et si le MSRP de la société américaine s’établit à 1 969 euros pour le modèle Founders Edition, il faut en général dépenser plus de 2 100, voire plus de 2 200 euros pour la moindre carte partenaire.
Plus gênant encore, la seconde carte de génération Ada Lovelace lancée par NVIDIA – la GeForce RTX 4080 – n’est pas suffisamment meilleur marché pour contenter les amateurs. En effet, alors que son MSRP de départ était à 1 459 euros et que NVIDIA vient de le réduire à 1 399 euros, la carte dépasse souvent les 1 500, voire les 1 600 euros. Pour ne rien arranger les approvisionnements de l’une ou l’autre des deux solutions sont sporadiques. D’un point de vue strictement comptable, on comprend évidemment l’objectif de NVIDIA : parvenir à écouler les importants stocks de GPU de génération précédente. NVIDIA a accepter d’en réduire un peu les prix, mais pour ne pas mettre en difficulté ses partenaires, il ne peut décemment pas les brader. De fait, il est plus ou moins dans l’obligation de garder des tarifs élevés pour ses GeForce RTX 4000 : il ne faudrait pas déprécier trop vite les RTX 3000.
Une quadrature du cercle insoluble pour NVIDIA, mais qui devait faire le bonheur d’AMD. Ce dernier n’a pas le même problème de stocks très importants de GPU de génération précédente. Les cartes RDNA 2 se sont plutôt bien vendues, mais la demande et la production inhérente n’avaient rien à voir avec les niveaux de NVIDIA. Le 4 novembre dernier, au moment d’annoncer les cartes RDNA 3, Lisa Su – P.-D.G. – avait beau jeu d’avancer les tarifs de 899 et 999 dollars pour, respectivement, la Radeon RX 7900XT et sa grande sœur, la Radeon RX 7900XTX. Sur le papier, la première est un peu moins puissante que la GeForce RTX 4080 quand la seconde doit faire jeu égal ou même déborder légèrement la carte NVIDIA. Proposées à des prix bien plus intéressants, on pouvait alors se dire qu’AMD était en mesure de marquer les esprits.
À mesure que l’on s’approche d’un lancement fixé au 13 décembre procahin, les choses semblent toutefois plus délicates que prévu pour AMD. Il y a d’abord eu cette information selon laquelle, ce 13 décembre ne seraient disponibles que les cartes directement produites par AMD, les MBA pour Made by AMD. Les produits des entreprises partenaires ne seraient finalement disponibles qu’entre 10 et 15 jours après le premier lancement. Dans la foulée, une rumeur remontée par des fabricants et revendeurs chinois laissent à penser que les tarifs de ces cartes de partenaires ne seront pas du tout au niveau du MSRP d’AMD : on évoque plutôt quelque chose autour des 1 600 dollars. Bien sûr, il ne s’agit que d’une rumeur, mais cela entrave malgré tout la communication d’AMD.
Dernièrement, c’est Igor’s Lab qui cite des sources « fiables » pour indiquer que même du côté d’AMD, le lancement devrait être compliqué. En effet, à en croire le site, il est question d’un total de 10 000 cartes RX 7900XT et 10 000 cartes RX 7900XTX pour l’ensemble de la région EMEA, soit l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Pire, Igor’s Lab indique que 3 000 exemplaires de chacune des deux cartes sont réservés au seul marché allemand. Il ne faut pas être grand clerc pour se dire qu’il va être compliqué de mettre la main sur une carte MBA dans les autres pays de la région.
Enfin, pour ne rien arranger la fabrication des modèles de partenaires semblent se heurter à divers problèmes techniques et logistiques. Ainsi, Igor’s Lab mentionne « un partenaire exclusif » qui ne sera sans doute pas en mesure de respecter les dates initialement prévues pour le lancement de ses produits. On peut raisonnablement penser qu’il s’agit du constructeur Sapphire et envisager, donc, une disponibilité en toute fin d’année. Un autre constructeur, non-exclusif cette fois, pourrait être tout bonnement contraint de ne commercialiser ses cartes qu’en début d’année prochaine. Le monde de la carte graphique est donc tout sauf un long fleuve tranquille.

