Intel estime que les pénuries de semi-conducteurs pourraient durer encore plus d’un an

Écrit par Guillaume
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Alors que l’on espérait en voir le bout prochainement, Pat Gelsinger douche nos espoirs de fin de pénuries sur les composants électroniques.

Depuis quelques semaines, la situation sur le marché des cartes graphiques se détend. Lesdites cartes sont plus fréquemment en stock et leurs prix redescendent doucement après avoir atteint de délirants sommets en plein cœur de la pénurie. Nous sommes toujours assez nettement au-dessus des « tarifs conseillés » (MSRP) par les fabricants et on ne peut pas dire qu’acheter une carte graphique soit aujourd’hui une bonne affaire, mais les choses vont mieux. À moins qu’il ne s’agisse que d’un apaisement en trompe l’œil ?

C’est en tout cas ce que semble croire le P.-D.G. d’Intel pour qui la fin des pénuries n’est clairement pas pour tout de suite. Il est vrai que dans la plupart des secteurs, la situation est compliquée et le manque de semi-conducteurs a, par exemple, un impact sur la production automobile. Pat Gelsinger, le patron d’Intel, estime qu’une bonne part des problèmes que l’on rencontre aujourd’hui est liée à un problème d’ajustement de la production, la faute à un manque de machines lithographiques indispensables pour ces semi-conducteurs.

Pat Gelsinger, le patron d’Intel, au micro de CNBC

« C’est en partie la raison pour laquelle nous estimons que la pénurie de semi-conducteurs va se poursuivre jusqu’en 2024, contrairement à nos précédentes estimations de 2023. Simplement, les pénuries touchent maintenant l’équipement, et les usines auront du mal à faire progresser leurs lignes de production ». Pat Gelsinger n’insiste donc plus sur le manque de certaines ressources, mais bien sur un problème de chaînes de production. Ces dernières ne peuvent effectivement être démultipliées sans certains éléments clés.

Le patron d’Intel parle ici des scanners lithographiques utilisés sur les chaînes de production des composants électroniques. Problème, le numéro un du secteur, ASML, n’est tout simplement pas capable d’ajuster sa propre production de telles machines pour satisfaire la demande. Il redouble pourtant d’efforts et a augmenté sa production de 18% en 2021 par rapport à 2020. Hélas, à en croire certains spécialistes, pour répondre à la demande, il aurait fallu qu’ASML augmente sa production de 50%.

Dans un tel contexte, il est à peu près certain que la pénurie ne sera pas résorbée avant encore plusieurs mois. ASML estime pouvoir répondre à toutes les demandes de scanners lithographiques au mieux en 2025. Les dernières prédictions d’Intel d’un retour à une situation « normale » au mieux en 2024 sont donc loin d’être farfelues.