NVIDIA renonce définitivement au rachat d’ARM

Écrit par Guillaume
Publié le : {{ dayjs(1644598848*1000).local().format("L").toString()}}
Suivez-nous

Estimée à plus ou moins 40 milliards de dollars, l’opération a soulevé trop de remarques et d’interrogations pour qu’elle soit menée à son terme.

En septembre 2020, NVIDIA confirmait des rumeurs persistantes en annonçant l’acquisition de la société britannique ARM détenue par SoftBank. Il était alors question d’un colossal investissement de sorte que le Japonais retombe sur ses pieds : en juillet 2016, SoftBank avait effectivement déboursé la coquette somme de 32 milliards de dollars pour mettre la main sur le fleuron industriel britannique. Problème, durant toutes ces années, SoftBank n’a jamais trouvé la juste formule pour profiter à plein du célèbre fabricant des puces que l’on trouve dans la plupart des smartphones.

Il était de notoriété publique que SoftBank cherchait à se défaire d’ARM depuis déjà de nombreux mois, mais aucun acteur ne semblait intéressé ou en mesure de financer pareille opération. En effet, ni client ni fournisseur d’ARM, SoftBank n’avait rencontré aucune résistance au moment de son acquisition. Or, la plupart des entreprises potentiellement intéressées par le rachat d’ARM sont liées de près ou de loin au monde du smartphone, à celui des semi-conducteurs. C’est d’ailleurs bien le problème rencontré par NVIDIA depuis plus de dix-huit mois maintenant.

Dès l’officialisation de cette tentative de rachat, NVIDIA a effectivement rencontré les réticences de nombreux acteurs. Google, Microsoft ou Qualcomm ont été parmi les premiers à exprimer publiquement leurs inquiétudes face à un tel rapprochement. Ils ont rapidement été suivis par d’autres avant que régulateurs et institutionnels ne s’intéressent à la question. La Federal Trade Commission (FTC) n’a pas pris de gants en indiquant son intention de lancer des poursuites visant le blocage de ce rachat : la FTC évoque la possibilité, une fois l’opération validée, que NVIDIA restreigne l’accès à la technologie ARM à certains de ses concurrents ou n’en manipule abusivement les prix.

Bien sûr, NVIDIA et SoftBank ont dans un premier temps tentés de justifier leur position, mais les difficultés se sont accumulées avec l’entrée en scène du régulateur britannique et la possible intervention de la Commission européenne. Finalement, il n’aura pas été nécessaire d’en arriver là. Le New York Times explique que NVIDIA a décidé de retirer son offre et de faire une croix sur cette belle acquisition. NVIDIA n’a pas encore commenté la chose, mais SoftBank aurait déjà d’autres idées pour se défaire d’ARM : le Japonais envisagerait une ouverture au public, sachant qu’il y a 24 ans de cela, ARM réalisait une première introduction en bourse.