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Fort de resultats exceptionnels, Nvidia est déjà en position dominante
Écrit par GFreeman 24-05-2016

Comme prévu, Nvidia vient de publier ses résultats financiers du premier trimestre 2016. La firme californienne n’a pas déçu les analystes et investisseurs qui voient désormais dans le caméléon une valeur sure pour l’avenir.

1Q2016: Une cuvée d’exception

Le chiffre d’affaires s’élève à 1,3 milliard de dollars (1,16 milliard d’Euros), en hausse de 13% comparé au même trimestre un an plus tôt. Il s’agit d’une performance remarquable puisque l’industrie des composants électroniques est d’ordinaire cyclique et saisonnière.

De plus, cette embellie s’applique à l’ensemble des divisions de Nvidia : quasiment tous les segments progressent (gaming, professional visualization, datacenter et auto). Sans surprise, avec 687 millions de dollars, c’est la branche gaming qui a pèse plus dans le total des ventes. Le résultat net quant à lui, est de 187 millions, soit une impressionnante hausse de 41%.

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Sources: Estimations  Jon Peddie / Mercury

 

Dans le bilan financier, il est intéressant de noter une sensible augmentation des stocks, de 394 millions de dollars à 418 millions (suite au démarrage de la production des puces Pascal ?) et une stagnation des dépenses en recherche et développement à 339 millions sur 3 mois. Pour rappel, le concurrent historique, AMD, avait publié le mois dernier une dépense de R&D nettement inférieure, à 242 millions. Un investissement recherche qui s’avère payant : dans la foulée de ses résultats financiers, la marque au caméléon a dévoilé les caractéristiques impressionnantes de sa nouvelle génération de puces graphiques, basées sur l’architecture Pascal.

Les premiers benchmarks de performance sont très positifs et la marque espère bien voir ses marges et ses ventes augmenter au trimestre prochain, pour s’établir à 1,35 milliards de dollars. Il s’agirait d’un record pour cette période de l’année.
Un record qui devrait renforcer plus encore la suprématie de Nvidia sur le marché des cartes graphiques. Le principal concurrent, AMD n’est plus dans la course et lâche continuellement des parts de marché depuis 2014. Les derniers chiffres (fin 2015) font état d’une situation presque désespérée : seulement une carte graphique desktop sur 5 était une AMD (voir graphique) !

Le succès annoncé de Pascal pourrait bien porter le coup de grâce à AMD qui, suite à des difficultés financières, ne peut plus rivaliser avec la marque au caméléon en terme de recherche et développement.
Polaris (la nouvelle architecture graphique d’AMD), annoncé en grande pompe, devrait sortir sous peu. Malheureusement seules les cartes bas et milieux de gamme seront d’abord présentées. Pour AMD, il s’agit là d’un aveu de faiblesse à peine masqué. Nul besoin d’être un grand oracle pour deviner que Polaris ne sera pas à la hauteur de Pascal.

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Sources: Nvidia Investor relations / AMD Investor Relations

 

Bien sûr, on pourra se réjouir de la nouvelle gamme Pascal et de ses formidables avancées pour les joueurs en terme de fluidité, d’efficacité et de refroidissement. Mais comment ignorer ses effets collatéraux et le probable bouleversement du marché qui va suivre ?
Nividia pourrait être tenté d’abuser de sa position monopolistique pour augmenter ses prix ou freiner sa recherche, dans un marché qui lui serait acquis.
Vous ne l’avez peut-être pas remarqué mais cet abus de position dominante a en fait déjà commencé.

Founder Edition : la première maison rue de la Paix

Depuis une dizaine d’années il y a sur le marché des cartes graphiques, un accord tacite entre les développeurs de puces (Nvidia et AMD), et les assembleurs (Asus, MSI, PNY…).
Les premiers produisent et vendent des puces « nues ». Libre ensuite aux seconds d’habiller ces puces avec des systèmes de refroidissement perfectionnés, des backplates, de l’overcloking etc… Il s’agit alors de « cartes customs ». Au passage, les assembleurs (Asus, MSI, PNY…) se sucrent avec leurs marges intermédiaires, et proposent donc au client final un produit plus perfectionné et un peu plus cher. Jusque-là, tout va bien.

En parallèle, AMD et Nvidia proposent leurs propres « cartes de référence », disponibles avant les cartes customs. Jusqu’alors, les deux marques prenaient soin de brider ces modèles, afin de ne pas empiéter sur les parts de marché des ASUS, MSI et autres PNY, qui sont en fait leurs premiers clients ! En plus d’une esthétique douteuse, les cartes de référence sont donc plus bruyantes, plus chaudes et souvent moins performantes. Vous l’aurez compris, les parts de marché de ces cartes de référence sont extrêmement faibles.

Sauf qu’en mai dernier, Nividia a décidé de chasser sur les terres de ses partenairse en annonçant discrètement la sortie de cartes « Founder Edition » : une carte custom, dotée d’un système de refroidissement performant, mais vendue directement par Nvidia. Le caméléon raccourcit le circuit de distribution, et empoche au passage les marges des intermédiaires. Banco !

Il y a quelques années, ce genre de pratiques aurait donné lieu à une levée de bouclier et les constructeurs auraient peut-être menacé Nvidia de moins commercialiser ses puces, de les commercialiser à un prix plus élevé, ou de ne pas les mettre en avant… au profit d’AMD.

Oui mais voilà, aujourd’hui AMD ne rivalise plus avec Nvidia, et les constructeurs ne peuvent plus utiliser ce levier pour faire pression sur le géant californien, désormais tout puissant.
S’agit-il d’un premier pas vers un projet monopolistique de plus grande ampleur ? Cette fois-ci, ce sont les assembleurs intermédiaires qui en payent le prix, et perdent au passage une énorme manne financière.

Mais bientôt, ce pourrait être au consommateur final de faire les frais d’un marché monopolistique qu’il n’a pas souhaité.

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